En officialisant les services médicaux du travail et en balisant le contour des missions des médecins du travail, la Loi du 11 octobre 1946 a organisé la médecine du travail. 80 ans après la publication du texte de 1946, à quoi ressemble la discipline ? Sur une proposition de Paul Frimat, l’équipe de l’ISTNF est allée à la rencontre d’une douzaine de professionnels de santé-travail afin de les interroger sur l’originalité de leurs métiers.
LOI du 11 octobre 1946 relative à l’organisation des services médicaux du travail.
Article 1er.
Les établissements énumérés à l’article 65 du livre II du code du travail, ainsi que les offices publics et ministériels, les établissements relevant des professions libérales, les sociétés civiles, les syndicats professionnels et les associations de quelque nature que ce soit occupant des salariés devront organiser des services médicaux du travail.
Ces services seront assurés par un ou plusieurs médecins qui prennent le nom de « médecins du travail » et dont le rôle exclusivement préventif consiste à éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail, notamment en surveillant les conditions d’hygiène du travail, les risques de contagion et l’état de santé des travailleurs.
- Anne-Isabelle AFONSO : « Si l’on continue à manquer de médecins, de plus en plus de choses seront déléguées aux infirmiers. »
- Laetitia COUDERC : « Il peut encore y avoir des demandes « outils », mais nous réengageons systématiquement la discussion sur le pourquoi, le comment, sur l’activité réelle. »
- Alain CUISSE : « Je vois encore souvent des entreprises qui réclament leurs visites médicales, mais rarement des entreprises qui réclament une démarche de prévention. »
- Isabelle DESMARAIS : « La fusion nous a donné les moyens de renforcer les équipes et d’y intégrer des compétences complémentaires. »
- Caroline FRANSOIS : « On arrive à des équipes au sein desquelles un médecin travaille avec deux voire cinq infirmiers. »
- Adeline GERARD : « Mes missions sont axées sur le terrain en AMT, ainsi que sur la rédaction. Je suis une interlocutrice privilégiée de l’adhérent en matière de prévention des risques professionnels. »
- Nassim MEHIDI : « Il est nécessaire de nuancer nos propos quand nous parlons de risques psychosociaux, en insistant plutôt sur des facteurs de risques et des facteurs protecteurs. »
- Florence MEURANT : « Nous avons parfois l’impression de ne voir que des salariés qui sont en difficulté et dont le maintien au poste ou dans l’emploi est compromis. »
- Alain MONIEZ : « Nous sommes passés d’une médecine de dépistage de masse à une médecine de cas complexes. »
- Elodie LE RAZER : « Ça demande de l’énergie, pour une personne, de venir voir une assistante sociale en santé au travail, de prendre conscience que « ça ne va pas », et de décider d’avancer. »
- Alexandra SPAHLHOLZ : « Dans mon ancienne spécialité comme dans la nouvelle, il y a des mots clés que je retrouve : prévention, pluridisciplinarité. »
- Damien VANDORPE : « Je souhaite que nous devenions de vrais partenaires des entreprises, pour qu’elles comprennent ce qu’elles gagnent à mettre en œuvre nos conseils de prévention. »

